SamRaong, capitale de la province d'Oddar Meancheay et dont le nom signifie "impénétrable jungle". Jungle, peut-être plus maintenant mais impénétrable, ça ne m'étonne pas vu l'isolement de cette localité aux confins nord ouest du pays.
Une des premieres choses qui me sautent aux yeux en arrivant, c'est le nombre d'équipements et aménagements visibles de cette région dont la frontière avec la Thailande (a moins de 35 km) fait l'objet d'une dispute sanglante qui dure et qui coûte.
Si l'idée de "marquer son territoire" ne me choque pas par elle-même, ce que je décèle dans sa mise en acte me laisse pantois pour deux raisons.
D'abord les moyens engagés me semblent exagérés et font défaut dans d'autres régions du royaume pour des équipements élémentaires.
Ensuite le résultat manque de cohérence. Prenons la encore l'exemple de SamRaong. Plutôt qu'une imposante cité administrative n'ayant rien a administrer car la population y vit avec 20 ans de retard sur les phnompenhois, pourquoi ne pas développer l'activité tournée vers le Cambodge? Cette région enclavée manque de tout. Formation, bons jobs, soins médicaux, électricité, biens de consommation courante et materiaux, tout est importé de Thailande. Et facturé au prix fort vu les relations désastreuses entre les deux royaumes.
Une vraie route serait une avancée majeure pr la région et déciderait des investisseurs khmers pr entreprendre et concourir au developpement plus harmonieux du pays. Par la même occasion, l'armée présente massivement dans la zone, serait moins souvent en panne sur le bas côté, attendant le ravitailleur des jours entiers...
Malheureusement les choses ne vont pas en s'arrangeant ici non plus :
la crise autour du temple de Preah Vihear, 200 km a l'est fait encore couler le sang ces jours ci. Et depuis, les incidents de frontière se multiplient entre les deux royaume : tantôt des paysans khmers sont capturés par les patrouilles thaïs qui les accusent de couper des arbres en zone protégée et en territoire thaï ; tantôt, ce sont les roquettes khmères qui pleuvent sur un village thaï frontalier, tuant de nombreux civils ; tantôt ce sont les troupes thaïs qui sont accusées de répliquer avec des munitions interdites du genre bombe a fragmentation ; tantôt enfin on retrouve des tablettes offensant le régime cambodgien au cœur du temple convoité par les deux parties et vraissemblablement placée la par les thaïs jouant la provocation...
L'escalade, en somme !
Les habitants des villages de part et d'autres de la zone frontalière n'en ont que faire du tracé précis. Ils aspirent seulement a vivre en paix. C'est encore loin d'être gagné si j'en crois la presse thaï comme cambodgienne !
Comme tout chef lieu, un Monument de l'indépendance bordeau se dresse a deux pas du bâtiment du gouvernement provinicial, au milieu d'une vaste esplanade ou se succèdent bassins décorés, statues et petits autels. Celui de SamRaong Town n'echappe pas a la règle. Orné avec subtilité de vieux postes de DCA grillés, orientés plein nord (ou si vous préférez, pointés sur la Thailande), d'après moi, il illustre bien la démesure voulue par les autorités cambodgiennes pour "marquer son territoire" et tenter d'impressionner l'adversaire !
[sources : odt de Banteay Chhmar, banteaychhmartourism.org, wikipedia, hanuman.com , fredasie.free.fr, lonelyplanet.com] |